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    Marcel Gili

    © design graphique Estève Gili.

    Marcel Gili (1914- 1993)

     

    Liberté

     

    « Seul un homme libre pouvait élaborer une œuvre d'une telle dignité,d'une telle ampleur et d'une telle indépendance. 1»

     

     L'itinéraire

    Marcel, Justin Gili est né à Thuir le 12 février 1914, fils de Isidore Gili entrepreneur et de Raymonde Rière d'Altariva. Cette famille modeste des années 20 vivait rue Dagobert à Thuir , dans « le petit Montmartre ». Marcel est le cadet de cette famille aux 13 enfants. Son frère ainé était chef de la cobla « Combo-Gili ». Ce dernier souhaitait que Marcel devienne musicien mais Isidore Gili avait besoin de son fils et le travail de maçonnerie n'épargne pas les mains délicates du musicien, Marcel apprendra tout de même le solfège et le violoncelle. De cette expérience, il retiendra la musicalité. Il découvrira une autre façon de décrire le monde.

     

    Marcel Gili fait évidemment sa scolarité à l'école primaire de Thuir. Son enfance est un « enchantement2 » entre « sobriété, travail et discipline ». Dans cette vie simple, il attache énormément d'importance aux chevaux, aux personnes, au lien social . Il aime partager les légendes des cîmes , contempler la nature. Son terrain de jeux de d'expériences s'étend du Roc de Majorque à Thuir en passant par la Cantarane. Cet espace qu'il décrit comme « Le triangle : Roque de Mallorca3, La cantarane4 et Thuir [l'ont] nourris de mille secrets ». Les Impressions et le ressenti de son enfance sont très forts et très prégnants. Dans son propos, Thuir et les Aspres sont des lieux originels, où se tissent des liens entre musique, art et nature.Très tôt , Marcel Gili sculptait en reproduisant des photos empruntées dans les dictionnaires 5 si bien que son habileté est remarquée par son cousin François Gili, premier violon au Capitole de Toulouse ainsi que par Louis Noguère, Maire de Thuir et président de la haute cours de Justice de Paris. Ce dernier lui commande son buste.

     


    L'apprentissage et Période Classique:

     

    A 16 ans, Marcel Gili entre pour 2 ans dans l'atelier de Gustave Violet ainsi il participera à la réalisation des 32 personnages présents sur les 17 mètres du fronton de la piscine Nakach à Toulouse. Puis Aristide Maillol l'invita à Banyuls-sur-mer et l'initia au croquis sur le vif. Ils dessinaient d'après nature « la beauté des filles du ciel et la force du vent.6»

    Pendant 2 ans, il suivit les apprentissages de Violet et Maillol, les deux maîtres « étaient contre l'école et [lui] interdisaient, ils [l]'ont plutôt incité au port de l'espadrille qui permet un contact plus intime avec le sol7 ».

    En 1932, alors qu'il a 18 ans, il expose pour la première fois à la galerie Campistro de Perpignan. A la même époque, Louis Noguère lui commande son buste en échange de quoi il lui offre un voyage à Paris. Marcel Gili resta quelques semaines dans la Capitale mais il en revint rapidement. En 1933 il s'installe à Paris et il décide à nouveau de tenter l'aventure. En pleine crise sociale, l'argent était rare. Marcel Gili pose donc pour gagner sa vie. Puis il se décide et rend visite à Maillol à Marly le Roi. Celui-ci le reçoit chaleureusement et le « garde » pour monter certaines figures. Quelques années plus tard, il entre en relation avec les membres du groupe « Abstraction-Création » composé de Robert Delaunay, Raoul Dufy, Fernand Léger, Ossip Zadkine, Albert Gleizes, Max Jacob, Henri Laurens... Ce groupe d' artistes entendait faire une « révolution plastique».

     

    Marcel Gili 

    Marcel Gili

    Marcel Gili


    L'Art mural

     

    A 22 ans, Marcel Gili adhère aux idées de Saint- Maur. Selon lui, les artistes créent des œuvres pour un lieu de vie afin de familiariser le public à l'art de son époque. Ainsi, l'association de l'Art Mural lance son premier manifeste en 1935 qui « appelle un retour pragmatique de l'humain dans le projet de la la modernité: favoriser la diffusion des pratiques murales et collectives de la peinture, réconcilier le public avec les artistes en proposant une expression monumentale pleinement humaine et sociale. (…) L'art mural s'impose comme le véritable « art social8 » parce qu'il favorise à la fois un accès plus large et immédiat à l'art en exigeant des artistes eux-même une « discipline » collective et technique renouant avec le statut artisanal des « ouvriers de l'art ». 9» Cette évolution est rendue possible en 1951 par la mesure des 1% «  qui consiste à réserver obligatoirement; à l'occasion de la construction ou de l'extension de certains bâtiments publics, une somme permettant la réalisation d'une ou plusieurs œuvres d'art contemporain spécialement conçu pour ce lieu. 10». Marcel Gili participe donc au premier salon « d'Art Mural ».A cette époque il subissait l'influence d'Henri Laurens jusqu 'au jour où sa mère le fit se questionner sur son art. En effet, cette dernière avait pris le corps étendu d'une femme pour un canard . Cette anecdote vient questionner son travail si bien qu'il se met à sculpter comme il le ressentait. Il produisit notamment une série d'athlètes (comme celui expose à Thuir) ainsi que la grande maternité.

    Marcel Gili

       Parallèlement, il fait des essais sur divers métaux. Ce tournant artistique l'inscrit dans une certaine notoriété. Entre 1936 et 1938, son art plaisait et se vendait bien, galerie Jeanne Castel. Mais bien vite Marcel Gili reprend sa liberté et ses recherches « il prend conscience de la réalité variable des formes vivantes » qui est fonction des circonstances et du regard que l'on porte sur elle. Il interroge cette idée aux travers de productions nouvelles. Puis après la guerre, en 1945, Marcel Gili devient co-fondateur du Salon de mai avec E.Pignon, R Rebeyrolles, Gaston Diehl... Ce salon d'art contemporain permet d'exposer l'avant-garde de la peinture et de la sculpture ainsi Picasso et Dali y exposeront. Le comité de sélection permettra à de jeunes talents d'y exposer c'est le cas de Manolo Valiente par exemple. Marcel Gili participera chaque année au Salon de Mai. Il présente égalemenent son travail d'abstraction et d'expression poétique au Salon des Réalités Nouvelles.

     Marcel Gili

    Les martyrs

    Marcel Gili

    Marcel Gili
     Enseignement :

     

    En 1947-1948, Marcel Gili partit à Bourges afin d'enseigner la sculpture à l' école des Beaux-arts puis il enseigna à Paris en 1968 à 1981. Il habitait alors près de la Butte-Chaumont dans le 19e arrondissement.

    Marcel Gili continua d'enseigner et de pratiquer la liberté artistique. A partir de 1962, il achète le Mas Génégals près de Vingrau dans lequel il passe ses congés. Passionné par l'astrophysique et l'espace, il réalise une série de « météorites » en relation avec la cosmogonie. Marcel Gili est un sculpteur mais c'est avant tout un dessinateur pour qui dessin, peinture et sculpture sont complémentaires. Son travail est exposé au mas Génégals devenu musée. La collection est accessible tout l'été dans le cadre des festivités « Après-midi au Mas Génégals » organisées pas l'association les amis de marcel Gili. Certaines œuvres sont visibles sur le domaine public du département notamment à Thuir, Céret, Perpignan et Saint Laurent de la Salanque...

    « Marcel Gili est un peintre, un dessinateur et un sculpteur de nature païenne. D'un paganisme qui, loin des images qu'annonce parfois la barbarie, a quelque chose à voir avec "l'humanisme", terme qu'il affectionnait particulièrement dans
    ses commentaires et qui, hélas, apparaît aujourd'hui désuet pour certains. Dans l'univers de Marcel Gili, la fidélité à la terre catalane et aux racines de l'être n'exclue pas la permanence d'un dialogue avec le reste de l'univers.

    C'est pourquoi l'abstraction chez lui n'est jamais totale et garde sans cesse le souvenir de la forme humaine, minérale ou végétale à partir de laquelle elle s'est lointainement élaborée.

    C'est dans la multitude des nuages agités par la tramontane et par des vents contraires que Gili a trouvé la forme des "Moutons" qui peuplent certains de ses tableaux auxquels il arrive d'être traversés par la réminiscence du visage citadin, génial et boursouflé de l'acteur Michel Simon.

    Pour Gili, un dessin, une peinture, une sculpture peuvent être engendrés aussi bien par une forme que par un parfum, par le muscle du vent, par un morceau de ciel, par la géométrie des constellations, par le geste de la main qui pardonne.

    «Je suis ma propre usine, disait-il. Je fabrique mes pièces détachées qui n'ont d'autres raisons que d'être ensemble ou séparément. Grâce à cette matière première, je peux donner naissance aux organismes les plus utopiques...»

    Seul un homme libre pouvait élaborer une œuvre d'une telle dignité,d'une telle ampleur et d'une telle indépendance. 
    »

    Claude DELMAS


    Marcel Gili

    site: Http://genegals.free.fr

    1- Claude Delmas

    2 - Marcel Gili dans

     

    3 - Roc de Majorque au dessus de Castelnou

     

    4 - Rivière qui coule depuis les Causses et qui arrose au passage le village de Terrats.

     

    5 - Selon Madame Geniviève Gili-Jandelle

     

    6 - Marcel Gili: Mas génégal p 31

     

    7 - Marcel Gili: Mas génégal p 31

     

    8« L'art mural est le seul art vraiment social. Social par essence et social par destination » R Schoedelin ( peintre et vice-président de l'art mural) (1908-1988) en1936 .

     

    9 - René Dauthy Saint-Maur et l'art mural 1935-1949.édité par L'association « les amis du peintre et sculpteur Saint-Maur. » Louveciennes 1999.

     

    10- René Dauthy Saint-Maur et l'art mural 1935-1949.édité par L'association « les amis du peintre et sculpteur Saint-Maur. » Louveciennes 1999.

     

     

     

     

     


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    Galerie Odile OMS

    12, rue du commerce à Céret

     Galerie Odile OMS à Céret.

    Dans une vieille maison du village de Céret, Odile Oms expose depuis 12 ans les artistes de la région, mais son ouverture vers l'extérieur permet de découvrir d'autres noms de l'art contemporain.

    Cette galerie dispose d'une collection permanente riche de 63 artistes .

    Art Moderne: Derain, Susplugas, Survage, Bonnard, Vivès, Desnoyer, Caillard, Giner.....

    Art Contemporain: Boitard, Bolzoms, Costesèque, Fourquet, Julien Descossy, Garcia-Fons, Riberat.....

    Cette maison, aux pièces étroites mais lumineuses, aux escaliers de tomettes et aux murs en pierres apparentes propose une variété d'artistes qui ont fait ou qui font l'art dans notre région et ailleurs. Cette collection riche, rend compte des différentes vagues d'artistes (1910, 1920, 1940) venues enrichir l'art local. Celle-ci permettant de connaître les artistes ayant séjournés à Céret ou dans le Roussillon.

    Ce lieu est tourné vers les artistes. Il  leur offre un espace d'expression. Mais cette galerie est  aussi un véritable lieu d'accueil, d'éducation et de discussion pour l'amoureux de l'art et pour le curieux (tant que cette curiosité fait l'objet d'un véritable intérêt pour l'art,  l'artistes ou l'oeuvre.)

    Prenez le temps de vous arrêter, faites un crochet. Odile Oms propose aussi des expositions temporaires.

    Actuellement  et jusqu'au 7 novembre 2012, elle expose des oeuvres de Jean-pierre Corne.

    Galerie Odile OMS à Céret. 

    Ouvert du mardi au samedi de 11hà 12h30 et de 14h à 19h






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